Analyse d’impacts d’une filière

En vue d'améliorer l'épandage des engrais organiques, Irstea a mené le projet Ecodefi (2007-2011). Son objectif était d’évaluer l'impact sur l’environnement de l’opération d'épandage de boues d'épuration, en prenant en compte toutes les composantes : transport de la boue, combustion du fuel, qualité de répartition du produit, organisation du chantier, devenir de la boue une fois épandue, etc.; les experts parlent d'analyse de cycle de vie (ACV). "Dans le cadre de ce projet, nous avons étudié toutes les émissions d'azote générées par l'épandage de ces boues d'épuration : N2O, mais aussi ammoniac et nitrates", explique Marilys Pradel.

L’épandage au banc d’essai

Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé des modèles biophysiques (développés par l'INRA), un outil de simulation d’épandage et un banc d'essai pour épandeurs développé par Irstea à Montoldre. Nommé Cemob, ce banc évalue de manière très précise la qualité de répartition au sol d'un engrais organique réalisée par l'épandeur testé. Depuis 2013, il est également utilisé pour délivrer une certification "éco-épandage" aux épandeurs. « Nos résultats montrent que les performances techniques de l'épandeur ont un impact important sur les émissions d'ammoniac. En revanche, elles jouent beaucoup moins sur le lessivage des nitrates qui reste principalement lié aux conditions pédoclimatiques locales. Quant aux émissions de N2O, elles sont surtout liées au tassement du sol généré par le poids de l'épandeur. » Concernant ce dernier point, des travaux sont en cours à Irstea pour limiter les impacts des machine agricoles sur les sols.

 

+  Irstea a développé un banc d'essai similaire pour engrais minéraux nommé Cemib