Parfois effectuée dans des conditions difficiles (champs en pente, travail à proximité de  lignes électriques,…), la conduite de machines agricoles est source d’accidents, en particulier au cours de son apprentissage. Interrogé sur ce problème par la Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole (CCMSA) en 2014, Nicolas Tricot a conçu avec l’appui de 4D-Virtualiz, une start-up issue des labos Irstea et de l’Institut Pascal, un projet de simulateur de conduite d’un tracteur agricole.

 

Accompagner les agriculteurs dans une conduite en sécurité

« Aujourd’hui, bon nombre d’élèves des lycées agricoles découvrent la conduite au cours de leur apprentissage. Ils ont besoin d’un accompagnement renforcé », rappelle Nicolas Tricot. En effet, la conduite agricole est une activité à risques : renversement du tracteur, pertes d’adhérence, etc. Aussi, pour les préparer au mieux à une conduite en sécurité dans diverses situations, et ce, avant leurs premiers essais sur le terrain, il imagine, avec ses collègues, SimTrac, un simulateur de conduite d’un tracteur agricole. « Les dispositifs de simulation sont déjà utilisés dans les auto-écoles pour l’apprentissage de la conduite… pourquoi ne pas les employer dans les lycées agricoles pour la formation à la conduite d’agroéquipements ? » souligne-t-il.

Et les types d’apprentissages sont nombreux ! Equipé d’un siège, d’un volant, de pédales, et piloté par un logiciel, le poste de simulation permet de former les élèves à :

  • Une prise en main des commandes : marche avant, arrière, passage des vitesses, freinage,
  • Une conduite du tracteur avec et sans outil tracté, dans différents environnements : au champ (travail du sol, récolte), sur l’exploitation et sur route,
  • Une conduite dans des conditions difficiles (variations du climat, prise en compte de la pente,..).

 

« Nous avons sélectionné le logiciel de la société 4D-Virtualiz pour équiper ce simulateur car la flexibilité de l’outil répond aux besoins spécifiques du projet : c’est-à-dire simuler le déplacement d’un tracteur suite à ses interactions avec l’homme dans un environnement totalement contrôlé et paramétrable », précise Nicolas Tricot.

Fruit de plus de 2 années de travail, les 2 exemplaires pilotes réalisés seront prochainement utilisés dans des lycées agricoles. Les retours d’expériences des étudiants et encadrants seront nécessaires aux experts pour poursuivre leurs travaux en matière de sécurité des agroéquipements. Et pour la suite ? « Nous souhaitons que ses simulateurs fassent des petits. Développer l’apprentissage de la conduite par simulation dans les établissements de l’enseignement agricole au niveau de la région Auvergne Rhône-Alpes est notre première ambition. Viendra ensuite le temps de l’étendre au niveau national», indique-t-il.

 

De précieuses données pour optimiser la sécurité des machines agricoles

Les données issues de ces utilisations seront ainsi analysées par les chercheurs Irstea pour améliorer la sécurité des engins. Ils étudieront plus particulièrement les comportements des chauffeurs sur les tracteurs, en vue d’identifier d’éventuels facteurs à risques d’accident. Les membres de l’équipe ROMEA à Clermont-Ferrand s’appuieront sur ces données pour développer des dispositifs visant à faciliter des opérations délicates et à accroitre la sécurité des machines, en particulier contre le renversement, l’une des 1ères causes d’accident chez les agriculteurs. Experts dans ce domaine, les chercheurs ont notamment mis au point un système de sécurité actif pour la prévention du risque de renversement de véhicules tout-terrain à suspension pilotable, qui fait l’objet d’un brevet et est transférable vers une entreprise.

Et pour l’heure, c’est au SIMA Mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage, à Paris du 26 février au 2 mars 2017, que les premiers tests du simulateur de conduite se dérouleront !