Dans un contexte climatique en pleine évolution, augmentation des températures moyennes et diminution des précipitations, le massif préalpin du Vercors connaît une recrudescence des épisodes de sécheresse. « La sécheresse touchant les prairies subalpines concerne, en plus des éleveurs et bergers, les gestionnaires d’espaces naturels », déclare Grégory Loucougaray. Pour les chercheurs d’Irstea, il s’agit de comprendre les mécanismes de réponse des végétations d’alpage à ces événements de sécheresse, d’évaluer l’évolution de la production et de la qualité des fourrages ainsi que  la diversité de ces écosystèmes.

Des expérimentations sur le court et le long terme

Sur la Réserve Naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, un dispositif expérimental composé de serres qui contrôlent la pluviométrie a permis d’étudier les mécanismes de réponse des prairies subalpines à des déficits pluviométriques équivalents à ceux observés en 2003. En parallèle, le suivi de la dynamique des espèces végétales et de leur diversité sur le long terme est mené sur un réseau de placettes expérimentales depuis 1981 dans l’Oisans et depuis 1988 dans le Vercors. Ces suivis expérimentaux sont intégrés au sein de la Zone atelier Alpes (ZAA), un observatoire scientifique ayant pour vocation d'étudier les dynamiques couplées des écosystèmes alpins, de leurs usages et du climat. « L’objectif majeur est de mettre en place un observatoire sur le long terme, afin d’être informé des réponses de ces milieux à la variabilité climatique. »

Une bonne capacité d’adaptation des prairies subalpines

Les résultats actuels démontrent une bonne capacité des prairies subalpines à revenir à leur état initial pré-sécheresse. « Nous avons pu démontrer que la plasticité des plantes pour s’adapter temporairement à la sécheresse est un mécanisme essentiel de cette résilience », confirme le chercheur, soulignant toutefois que cette capacité de tolérance n’est peut-être pas inépuisable dans un contexte de sécheresses consécutives. En complément, les suivis réguliers depuis les années 1980 ont montré que les sécheresses n’ont pas entraîné d’évolution importante de la diversité de ces prairies, mais la question reste ouverte du seuil de tolérance face à un accroissement des événements climatiques extrêmes