L’effet du changement climatique sur l’aménagement de la montagne dans les stations de ski est à double tranchant. Il pousse à une valorisation des milieux naturels comme support d’un développement touristique diversifié, comme le tourisme d’été. Mais il entraîne aussi la réalisation d’aménagements spécifiques : retenues d’altitude, canons à neige, terrassement de pistes pour réduire l’enneigement nécessaire au ski… Irstea a pour mission d’accompagner des actions pilotes au sein de stations de ski souhaitant préserver leurs milieux naturels tout en aménageant leurs infrastructures d’hiver.

Ainsi, une action a été menée à Val Thorens, dans la vallée des Belleville, qui fait partie du domaine mythique des Trois Vallées (Alpes). L’étude a d’abord consisté à identifier les impacts subis par les zones humides, remarquables réservoirs de biodiversité, mais particulièrement vulnérables face au changement climatique. Comment ? Grâce à des données géolocalisées récoltées par différents organismes et des observations complémentaires de terrain. Les causes de la diminution des surfaces occupées par les zones humides ont ainsi pu être mises en évidence et présentées aux acteurs du territoire lors de réunions d’information.

La station dispose désormais de données complètes sur ses zones humides et leur localisation sur une carte générale du domaine skiable permettant de localiser les zones et de les situer par rapport aux infrastructures (pistes de ski, etc.). Chaque zone a sa propre fiche d’identité (intérêt écologique, fonctionnement, modifications apportées, impacts relevés, etc.). La cartographie permet d’avoir une vision globale pour établir des mesures de gestion et de restauration, notamment dans un contexte multi-acteur comme ici. Un plan d’action sur le long terme a été élaboré comportant 3 volets : conservation, valorisation et restauration des zones humides.