Véritable moteur des économies de montagne, l’or blanc représente également une richesse nationale. En Rhône-Alpes, plus de la moitié des dépenses touristiques sont réalisées par les remontées mécaniques. Depuis les hivers sans neige de la fin des années 1980, le secteur a appris à gérer la variabilité du manteau neigeux d’une saison à l’autre. Aujourd’hui, la perspective de baisse de l’enneigement questionne la résistance du modèle économique des stations au changement climatique… Aidés d’outils développés par les chercheurs, les opérateurs économiques et les politiques développent des stratégies  qui s’appuient sur la fiabilisation de l’enneigement et la diversification de l’offre touristique.

Adapter la gestion de la station à la baisse de l’enneigement

2 outils sont mis à la disposition des politiques et gestionnaires. La base de données Stations, rassemble les données d’équipement, d’aménagement et de gestion de 142 stations des Alpes. Réalisée à la demande du Comité de massif des Alpes en 2012, cette base de données est aujourd’hui accessible aux acteurs locaux, grâce à l’interface en ligne le Stationoscope

Des travaux en partenariat avec Météo France visent, eux, à mieux comprendre l’impact du changement climatique sur les stations en croisant modélisations des données du domaine skiable et de leur enneigement. Actuellement cantonnée à la neige naturelle, la modélisation intégrera à terme les données d’enneigement artificiel et de damage. A partir de ces modélisations, un logiciel d’aide à la décision contribuera à l’évaluation de la « viabilité climatique » des stations, et permettra de définir des règles de gestion des stations en fonction des évolutions climatiques attendues. Les résultats du projet ADAMONT seront intégrés au logiciel. Les cartographies issues du Stationoscope alimentent déjà le logiciel en cours de développement. Les données d’enneigement seront intégrées à terme dans la base de données BD Stations.

Préparer durablement la diversification des activités des stations

D’autres travaux conduits dans différents massifs (Vosges, Alpes du Sud et Massif Central) s’intéressent aux processus de diversification de l’offre touristique en station. L’attention est portée sur les modalités de mise en œuvre de la diversification : à quelle échelle faut-il la soutenir ? Avec quels acteurs ? Quelle organisation privilégier ? L’objectif étant d’évaluer l’impact de ces éléments organisationnels  sur les dynamiques territoriales.

Par ailleurs, Irstea en collaboration avec le réseau UrbA3 des agences d’urbanisme de la région Rhône-Alpes propose des indicateurs de vulnérabilité (économiques, environnementales, équipements…) spécifiques aux stations de montagne afin d’évaluer leurs projets d’évolution. De manière plus prospective, le centre Irstea de Grenoble et le cluster Montagne, réunissant les professionnels de l’aménagement en montagne, planchent sur  de nouveaux modèles de développement des stations. L’objectif est de proposer de rapprocher les acteurs économiques (État, collectivités, gestionnaires de domaines skiables, entreprises) et les laboratoires de recherche pour inventer une « station intelligente ».

Partenaires : UrbA 3 (réseau des agences d’urbanisme de la région grenobloise, de l’agglomération lyonnaise et de la région stéphanoise), Météo-France, CNRS, Centre d’Etudes de la Neige, Cluster montagne