Vitesse de propagation, couleur de la fumée… Autant de paramètres clés qui indiquent l’intensité d’un incendie ; on parle de caractéristiques physiques du feu. Il ne faut pas oublier l’environnement avec les "objets" exposés ou les enjeux qui caractérisent également un feu : zone agricole ou forestière affectées, faune, bâtiments, etc. En associant ces 2 notions – caractéristiques physiques et endommagements – il est possible de classer les différents types de feux, d’en tirer des enseignements et par conséquent, d’adapter les moyens d’intervention.

C’est l’idée du Ministère en charge de l’Environnement qui finance, en 2002, une étude. La commande : développer une échelle d’intensité pour les phénomènes incendies de forêt. L’outil doit permettre de classer a posteriori tout phénomène survenant sur le territoire en France métropolitaine et dans les DOM-TOM selon son degré d’intensité. L’étude est menée par une équipe scientifique d’Irstea ; l’échelle est finalisée en 2003 et testée par les services déconcentrés de l’Etat sur des événements.

6 niveaux d’intensité

À partir d’une bibliographie internationale et d’enquêtes auprès d’experts, les chercheurs ont identifié 4 paramètres physiques :

  • vitesse de propagation du feu,
  • couleur de la fumée (panaches de fumée situés au droit du front de feu),
  • sautes de feux (projections en avant du feu de particules enflammées ou incandescentes qui en retombant génèrent un foyer secondaire)
  • et surface menacée (surface pouvant être potentiellement parcourue par un feu démarrant dans des conditions données).

L’échelle croise ces données avec celles des endommagements possibles sur des types d’enjeux (dégâts matériels, mort d’animaux, inquiétude voire panique des habitants, etc.). Ces différents paramètres sont ensuite récapitulés dans un tableau, composé de 6 niveaux d’intensité : très faible, faible, moyen, élevé, très élevé, exceptionnel.

Un outil de constat qui fait référence

L’échelle permet aux services de l’Etat ou des départements de compléter le constat effectué systématiquement après chaque événement, à l’échelle d’une commune : pas de prévision, ni de caractérisations de l’aléa ou encore des conséquences économiques. L’échelle permet de comparer la vulnérabilité de différents territoires soumis à des incendies de forêt de même intensité et d’en mesurer l’évolution (impacts de l’urbanisation, de la gestion forestière, du climat, etc.).

L’échelle est aujourd’hui utilisée dans les Plans de Prévention des Risques d'Incendies de Forêts (PPRIF). Une note du Ministère en charge de l’Environnement [1] mentionne également l’utilisation de cette échelle par les différents services dans la procédure de  caractérisation et de qualification de l’aléa.