Absorbant l’équivalent de 15 % des émissions annuelles de CO2 en France, la forêt est un axe fort dans la lutte contre le changement climatique. En France, les 14,5 millions d’hectares de forêt de production sont composées pour la moitié de forêts mélangées (au moins 2 essences d’arbres). Or le fonctionnement des forêts mélangées tempérées et les interactions des différents types de pression qu’elles subissent restent mal connus, et de nombreuses questions se posent quant à leur vulnérabilité face au changement climatique.

On distingue aujourd'hui 2 impératifs :

  • diminuer le stress hydrique des arbres, facteur majeur de dépérissement
  • améliorer la résistance des espèces face aux perturbations.

 

OPTMix

Pour atteindre ces objectifs, Irstea a mis en place depuis 2012 un site expérimental unique en France : OPTMix (Oak-Pine Tree Mixture). Financé par la région Centre, le conseil général et l’Office National des Forêts et coordonné par Irstea, ce projet de recherche, va permettre de tester les effets des stratégies sylvicoles (diminution de la densité du peuplement et augmentation des mélanges d’essences) envisagées dans le cadre du changement climatique, tout en prenant en compte l’accroissement des populations d’ongulés sauvages (cerfs elaphes, chevreuils et sangliers) et l’augmentation des prélèvements de bois qui posent en effet de graves problèmes de régénération. La préservation de la biodiversité est un autre défi de gestion à relever pour les années à venir.  

 

Concrètement le dispositif se compose de 33 placettes expérimentales d'un demi-hectare chacune, toutes réparties sur le Massif de Lorris-Les Bordes en forêt domaniale d’Orléans.Chacune des placettes est instrumentée et varie dans sa composition (pin sylvestre, chêne sesssile ou en mélange), sa densité (sylviculture conservatrice ou dynamique, avec une densité réduite) la pression d'ongulés sauvages qui est y exercée (des enclos laissant ou non passer chevreuils, cerfs ou sangliers). Les chercheurs y suivent la croissance et la régénération des arbres, le microclimat, les ressources en eau (eau du sol, nutriments) et les diversités végétales et en insectes. 80 000 données sont ainsi mesurées chaque jour, et en 2018, pour la fin du projet 1 500 000 données auront été enregistrées. Des résultats à suivre...

 

Partenariat : Conseil Régional Centre -Val de Loire - Conseil Départemental du Loiret - ONF