Les forêts impactent fortement le bilan carbone des territoires. D’une part, elles fournissent du bois qui se substitue aux combustibles fossiles et d’autre part, elles séquestrent du carbone dans leurs végétaux et  leurs sols. Différents types d’exploitation existent. Ainsi, il est possible de valoriser des sous-produits des coupes - c’est-à-dire les grosses branches traditionnellement laissées sur place, une fois les grumes de bois d’œuvres extraites. Ce type d’exploitation peut néanmoins se traduire par des coupes mal conçues et mal réalisées (dégradation des sols lié au passage répété d’engins mécanisés, fragmentation des habitats en raison de la densification des réseaux de desserte, etc.), ruinant une parcelle autant sur le plan économique qu’écologique et paysager. En découlent des conflits susceptibles de bloquer l’exploitation. D’où l’importance d’une gouvernance locale de la ressource, capable d’arbitrer entre bonnes et mauvaises pratiques. 

Une méthode d’évaluation et de gouvernance en déploiement

Dès 2010, les chercheurs d’Irstea ont développé une méthode d’évaluation des chantiers d’exploitation forestière permettant aux acteurs locaux de disposer d’outils objectifs pour juger des impacts économiques, environnementaux et sociaux des chantiers de bois-énergie. Une vingtaine de chantiers a été évaluée en Auvergne. A travers un ensemble d’indicateurs, cette grille peut être renseignée rapidement par un technicien forestier. Elle permet d’évaluer les potentialités de la forêt en termes de production (valeur économique du peuplement, difficulté d’exploitation), d’aspects environnementaux (intérêt écologique, biodiversité) et sociaux (valeur récréative, protection contre les risques naturels). On mesure alors l’impact du chantier sur ces potentialités considérées comme des "sensibilités". La méthode permet ainsi aux acteurs et élus de dialoguer sur une base commune pour aboutir à un jugement adapté aux enjeux locaux, façonner leur environnement et gérer au mieux leurs ressources.

Cette grille d’évaluation sera mise en œuvre en Rhône-Alpes dans le projet OUI-GEF (Outils innovants pour une gestion concertée des forêts). Les indicateurs socio-économiques seront retravaillés par l’Institut de développement forestier et l’utilisation de la grille sera vulgarisée par le Centre régional de la propriété forestière sur un ensemble de chantiers forestiers dans plusieurs territoires dont des parcs régionaux.

Les bases d’une transition énergétique vertueuse

Au travers de cette problématique du bois-énergie, l’ensemble du système forestier est abordé dans un souci de cascade des usages et d’économie circulaire. De telles évaluations permettent d’assurer le maintien de la qualité environnementale de la forêt comme celle des bois produits. A ce titre, la forêt préfigure ce que pourrait être une transition énergétique vertueuse, conciliant les différents usages de façon consensuelle et économe.

Partenaires : FCBA, IDF et CRPF