Rivières, étangs, fleuves, nappes souterraines à proximité ou non d’une exploitation agricole ou d’une usine peuvent être victimes de pollution par des pesticides, nitrates ou autre substance indésirable. Ce sont des pollutions diffuses, soit la contamination des eaux de manière récurrente, et non ponctuelle par une substance indésirable. L’agriculture est particulièrement concernée, car on estime que plus de 50% des rejets azotés dans les eaux de surface ont une origine agricole.

Coopérer pour protéger la ressource en eau

Pour protéger nos ressources en eau utilisées pour l’alimentation en eau potable, les politiques nationales et européennes se sont mobilisées. En 2000, la Directive cadre européenne sur l’eau fixait comme objectif l’atteinte d’un bon état écologique de l’ensemble des masses d’eau en 2015. Et, à l’échelle nationale, le Grenelle de l’environnement en 2009, puis la Conférence environnementale de 2013, ont respectivement identifié 500, puis 1000 captages prioritaires, soit particulièrement exposés aux pollutions diffuses. Or, à l’heure actuelle seuls 64% des captages identifiés par le Grenelle de l’environnement font l’objet d’un plan d’action.

Dans ce contexte, l’Onema et Irstea, ont initié, en 2013, une étude sur la coopération entre producteurs d’eau potable et acteurs du monde agricole pour la mise en place de démarches de protection des aires d’alimentation de captage. Les recherches menée par Irstea ont ainsi permis de caractériser les modes de coopération existants en France et en Europe et d’identifier les facteurs favorisant ou contraignant la coopération entre producteurs d’eau potable et acteurs agricoles.

L’Onema publie aujourd’hui les résultats de ce travail dans un document synthèse de 25 pages, permettant aux acteurs du territoire d’identifier les contraintes et leviers potentiels à la mise en place d’une coopération efficace.

Identifier les freins et leviers à la coopération

Une vaste recherche documentaire complétée par des entretiens à l’échelle nationale et des bassins versants a permis d’établir une typologie inédite des modes de coopération existants. Tout l’enjeu étant de permettre aux acteurs de terrain d’identifier le mode de coopération le plus adapté à leur territoire, afin de le mettre en pratique.

Ainsi, sur la base 6 études de cas de démarches de protection, 4 ensembles de facteurs susceptibles d’affecter l’émergence et la pérennisation de la coopération ont été identifiés :

  • Les caractéristiques de la ressource en eau potable
  • Les caractéristiques des acteurs impliqués dans la coopération
  • La gouvernance de la démarche de protection
  • Les facteurs liés aux contextes économiques et réglementaires

Clairement exposé et détaillé, le document est une vraie ressource pour quiconque cherchant à identifier des pistes d’action.

L’Onema et Irstea organisent  une journée technique le 09 décembre 2016 autour de ces résultats, rassemblant les différents acteurs et les scientifiques. L’occasion, pour chacun, de débattre et d’approfondir les moyens pour dynamiser la protection des captages contre les pollutions diffuses d’origine agricole.

Enfin, une nouvelle étude, interrogeant cette fois les déterminants poussant les agriculteurs à participer aux démarches de protection des aires de captages, est en cours dans le cadre de la convention de recherche Irstea-Onema 2016-2018. Un sujet à suivre…

Consulter le document "Comment favoriser la coopération entre producteurs d'eau potable et acteurs agricoles autour des aires d'alimentation de captages ?"